Malmendier – Pruvost/Busolini/RolletI IMPROMPTISSIMO #4
15 juin 2026
30 mai 2026
Avec
Emmanuel Mieville
Carole Rieussec & Pascale Ciapp
Fred Marty & Diemo Schwarz
Aude Rabillon
Cette soirée est dédiée à la musique électroacoustique, également sous sa forme improvisée et expérimentale. Après la diffusion d’une pièce du compositeur Emmanuel Mieville, trois autres parties seront improvisées dans l’espace en inventant des dispositifs qui permettent de sculpter librement la musique fabriquée in situ.
Diffusion de sa pièce Drone entering the Buddha’s house
Le titre vient du matériau intial, de la prise de son, lors d’un séjour aux Pays-Bas dans un temple bouddhiste, j’enregistre une équipe qui tourne une video de promotion sur ce temple.
Pour se faire ils utilisent un drone qui filme l’arrivée depuis les airs et entre par la porte principale du temple.
Les autres sons proviennent de clicks de tubes néon, enregistrés par micros piezo, et traités par sonification dans un logiciel qui modiie les morphologies, écrit des lignes mélodiques, filtre les sons, etc.
Les possibilités sont infinies, limitées seulement par l’imagination, puisque la sonification se fait avec l’image, avec l’organisation et la spatialisation libre des pixels.
Né à Paris, Emmanuel Mieville compose depuis 1986.
Il a fait des études musicales au GRM avec Philippe Mion et Jaques Lejeune, ainsi que des études d’ingénieur du son à l’école Louis Lumière qui ont influencé son penchant vers la matière sonore et ses évolutions malléables.L’écoute d’émissions documentaires et de créations radiophoniques l’emmène vers la musique concrète, la liberté musicale et l’apprentissage partout dans le monde à l’usage de ses oreilles lors de voyages en Chine, au CostaRica, en Malaisie, au Japon, à Taiwan.Après diverses expériences comme technicien (prise de son en concert, radio, restauration d’archives sonores), il s’engage fortement dans la composition.Ses recherches sur la perception aurale et la topologie sonore influencent sa pratique phonographique et sa composition où les sons décontextualisés, composés en textures coalescentes dépassent la dialectique entre paysage sonore et mémoire, infructueuse pour l’auditeur.Son langage sonore est enrichi par l’exploration du timbre de divers instruments ethniques et l’improvisation avec des objets, capteurs (Eowave Ribbon) Il a pratiqué le Gamelan javanais durant deux ans, au CNSM de Paris.
Il a été a par ailleurs été producteur délégué à France-Culture pour l’Atelier de Création Radiophonique de France-Culture(producteur: René Farabet), Résonances .Il a reçu une commande de la Direction de la musique de Radio-France pour Alla Breve, Mono no aware pièce pour shakuhachi, voix et sons fixés.
Ses œuvres sont régulièrement diffusées sur Radio-France, ainsi que sur Resonance Fm, radio anglaise qui diffuse Framework, multidiffusée mondialement sur plusieurs radios FM et en podcast.Ce programme d’une heure est une création libre réalisée par Patrick McGinley, qui utilise les sons environnementaux (decontextualised field recordings) pour créer un flux musical et-ou documentaire.Il a été programmé dans le festival Licences-Brûlure des langues par Alexandre Yterce (création de Tanit Atsarté – Solis Ortus – L’Ecran de sang). Il a récemment suivi deux workshops conduits par Chris Watson et Francisco Lopez sur le field recording dans les Pyrénées, organisé par Camp.Il a participé a l’invitation de Francisco Lopez a une grande exposition innovatrice au musée Reina Sofia de Madrid, Audiosfera, en 2021-22.Il a collaboré avec Benjamin Thigpen, Eric Cordier, Sun Wei (musicien chinois).Patrice Cazelles pour des performances de poésie sonore/musique électronique.Il a également interprété la musique de K.H Stockhausen, de Kasper Toplitz et de Gérard Pape dans le groupe CLSI fondé par Gérard Pape et dirigé Paul Mefano. Les labels qui ont édité sa musique sont : XingWu(Malaisie- concert avec Eric Cordier), Tibprod(Norvège), Taälem. (Belgique) Baskaru 2 albums CD (France) Cronica Electronica. CD Forms of minutiae, cassette. Sublime retreat, CD.
2. CAROLE RIEUSSEC et PASCALE CIAPP
Carole Rieussec, artiste sonore, invite Pascale Ciapp, performeuse, à venir sculpter l’espace en duo s’accordant sur une ligne de tension radicale.
Ce que le corps incarne, et déplace, le son sculpté in situ l’enveloppe et l’ouvre au delà même du lieu de la performance.
Pascale Ciapp est née en 1963 à Versailles. Elle passe son enfance dans un bar que tiennent ses parents en Bourgogne. En 1989, elle vient vivre à Sète, dans le sud de la France.
Ses premiers travaux artistiques sont photographiques, elle photographie de loin les gens qu’elle observe et écoute. Observer et écouter le monde des adultes, elle fait ça depuis son enfance dans le bar de ses parents. Elle entretient avec les autres une relation distante en position de voyeuse par appareil photo interposé. Les travaux de Man Ray, Hans Belmer, Alain Fleischer entre autres, l’accompagnent.
A travers les travaux de Marey, elle s’intéresse aux déplacements des corps physiques en mouvement ce qui l’amène très vite à porter son attention sur son propre corps dans l’action de photographier.
C’est après avoir terminé son installation photographique « Allez vous faire voir » en 1996 qu’elle réalise, après avoir pris en photos les yeux d’environ 400 personnes que l’action de photographier l’intéressait beaucoup plus que les photos prisent. A partir de ce moment-là, elle se consacrera essentiellement à l’art d’action (art performance) en poursuivant ses recherches sur le concept du « corps marqué » : du marquage physique éphémère au marquage physique et psychique permanent. Aussi, la trace, l’empreinte de son corps, puis du corps de l’autre, des corps des autres, l’ont amenée à un processus permanent de réflexion qui se développe et nourrit ses œuvres-performances. Elle s’approprie des références artistiques, anthropologiques, scientifiques, économiques, les médias de masse et les cultures populaires.
Avec plusieurs artistes locaux, elle co-fonde en 1995 le collectif Zyzomys qui interroge des questions fondamentales de l’artiste et de l’art actuel. Elle intervient dans plusieurs festivals, galeries et évènements réputés en France et à l’étranger. Elle y rencontrera Stuart Brisley, des artistes du Black Market, Joël Hubaut et beaucoup d’autres… mais c’est de Diogène dont elle se sent toujours la plus proche après la lecture de « Cynismes » de Michel Onfrey et beaucoup plus récemment de « L’art d’action à l’ombre de Diogène » de Jean-Luc Lupieri qu’elle a rencontré à plusieurs reprises. L’oeuvre de Robert Filliou abordée grace à sa rencontre avec Pierre Tilman, reste aussi une référence importante dans son travail. Très engagée pour le développement de la connaissance de sa pratique artistique et de l’art contemporain en général par le biais des lieux alternatifs, intermédiaires et croyant au lien fondamental entre l’œuvre de l’artiste et sa vie, elle crée en 2006 l’Espace o25rjj, un lieu, chez elle, d’action à l’ombre de Diogène » de Jean-Luc Lupieri qu’elle a rencontré à plusieurs reprises.L’oeuvre de Robert Filliou abordée grace à sa rencontre avec Pierre Tilman, reste aussi une référence importante dans son travail. Très engagée pour le développement de la connaissance de sa pratique artistique et de l’art contemporain en général par le biais des lieux alternatifs, intermédiaires et croyant au lien fondamental entre l’œuvre de l’artiste et sa vie, elle crée en 2006 l’Espace o25rjj, un lieu, chez elle, destiné au développement de l’expression contemporaine pluridisciplinaire et à la démocratisation de l’art contemporain. Elle y invite en résidence et y expose régulièrement de nombreux artistes. Pendant 3 ans, elle a co-organisé dans son village « Entre Chien & Loup » un Evènement Populaire d’Art Contemporain annuel avec ce slogan : L’art contemporain dans tous ses états, partout et pour tous. Le temps d’un week-end les habitants du village accueillaient chez eux œuvres d’art et artistes : installations et performances en intérieur et sur l’espace urbain. Elle abandonne ce projet faute de moyens et crée fin 2015 la F.L.A.C., la Façade Locale d’Art Contemporain, un nouvel espace d’exposition dédié aux artistes, sur la façade de son habitation.
Depuis 1986, Carole Rieussec compose avec les bruits, les voix et les rythmiques du monde. En 1988, elle intègre le studio de création de Luc Ferrari à Paris, La Muse en circuit, et compose à ses côtés durant sept ans. En 1990, elle rencontre Jean-Kristoff Camps dans un septet de platine tourne disque, Les Arènes du Vinyle, et c’est avec lui qu’elle va former le duo Kristoff K.Roll, qualifié de labyrinthe sonore à entrées multiples. Carole est sonographe à tendance minimaliste, le travail avec les haut-parleurs, et la relation du son à l’espace est un axe fondamental de sa poétique. Elle aime les installations sonores et les diffusions électroacoustiques.En 1998, à l’invitation du percussionniste Lê Quan Ninh, elle plonge dans la pratique improvisée et depuis multiplie les concerts live électroacoustiques en France et à l’étranger. Son dispositif de jeu électroacoustique mêle machine, set de microphones, et objets de la vie quotidienne. Sur scène, elle active la lenteur et l’improbable. Ses compositions électroacoustiques sont tissées de sons électroniques, de voix, et de silences. Carole Rieussec collabore également actuellement avec les plasticiennes Enna Chaton et Antonella Bussanich, la metteuse en scène Perrine Maurin, et toujours le saxophoniste Daunik Lazro. Par ailleurs elle a créé et codirige le festival sonorités à Montpellier avec le poète sonore Anne-James Chaton, le guitariste Didier Aschour, la plasticienne Enna Chaton, l’auteur transdisciplinaire Fred Dumond. Elle est également membre du comité de rédaction de « revue et corrigée », surface écrite des pratiques expérimentales. Au sein de cette revue, elle crée une net rubrique audio dédiée au genre et à l’expérimentation artistique : wi watt’heure.
3. DIEMO SCHWARZ logiciel Catart et FRED MARTY contrebasse
Ce duo est né d’une rencontre au sein de l’Onceim dirigé par Frédéric Blondy.
Ces deux musiciens développent une musique basée sur une recherche du timbre, l’interaction entre l’acoustique et son exploitation par le logiciel catart (synthèse concaténative par corpus en temps réel).
Cette configuration leur permet d’improviser avec une grande liberté et spontanéité.
Né en Allemagne en 1969, Diemo Schwarz est chercheur à l’IRCAM, musicien et programmeur créatif.
Il joue de son propre instrument de musique numérique, basé sur son logiciel libre CataRT. Grâce à des contrôleurs gestuels, il explore différentes collections sonores, redonnant à l’instrument numérique une expressivité et une physicalité nouvelles. Il réintroduit ainsi l’immédiateté de l’interaction musicale corporelle dans les riches univers sonores du traitement et de la synthèse numériques.
Il interprète et joue de la musique électronique improvisée au sein de l’orchestre d’improvisation ONCEIM, composé de 30 musiciens, ou avec des musiciens tels que Frédéric Blondy, Benjamin Duboc, Richard Scott, Gaël Mevel, Pascal Marzan, Massimo Carrozzo, Nicolas Souchal, Fred Marty et Hans Leeuw. Il compose pour la danse et la performance (Sylvie Fleury, Frank Leibovici, Françoise Tartinville), la vidéo (Benoît Géhanne et Marion Delage de Luget) et l’installation (Christian Delecluse, Cécile Babiole).
Ses recherches scientifiques sur l’analyse et la synthèse sonore, ainsi que sur le contrôle gestuel de l’interaction avec la musique, constituent le fondement de sa démarche artistique. Elles lui permettent de proposer une interaction musicale à la fois novatrice et ludique aux musiciens confirmés et au grand public, notamment grâce à des installations telles que les interfaces tangibles « dirty tangible interfaces » (DIRTI) et la réalité augmentée (Topophonie mobile).
En 2017, il a été professeur invité DAAD Edgar-Varèse en musique informatique à l’Université technique de Berlin (TU Berlin). En 2022, il a été artiste en résidence au sein du programme de bourses Arts, Sciences, Sociétés de l’IMéRA (Institut d’études avancées d’Aix-Marseille Université).
Né en 1970, Fred Marty commence la musique à l’âge de 9 ans par le piano en cours particulier. Mais c’est à la basse électrique et la contrebasse avec lesquelles il développera sa musicalité. Il a étudié la contrebasse classique, au conservatoire régional de La Roche-sur-Yon (85) où il a obtenu un premier prix, puis au conservatoire régional de Boulogne Billancourt avec Daniel Marillier. Il a également étudié le jazz au Centre d’Information des Activités Musicales de Bordeaux.
Il s’installe à Paris en 2007 et oriente son travail plus particulièrement vers l’improvisation. Ainsi, il s’attache à l’expérimentation de divers modes de jeux sur la contrebasse ce qui l’amène à développer un langage personnel fait de sons rappelant parfois ceux du quotidien. Depuis 2009, il s’intéresse à la musique concrète et crée quelques pièces acousmatiques. Il travaille beaucoup avec la voix parlée ou chantée. À partir de sons qu’il enregistre, il développe des matières sonores qui trouvent leur développement dans une certaine lenteur où le statique trouve toute sa quintessence. Par opposition, il s’intéresse également à l’impermanence des événements, les superpositions de matières et de couleurs.
Pour lui, le son est une matière plastique que l’on peut façonner à l’infini. Il multiplie les rencontres avec divers musiciens improvisateurs comme Le Quan Ninh, Michel Doneda, Kecap Tuyul, Franz Hautzinger, Bertrand Gauguet, Roger Turner, Patricia Bosshard, Pascal Battus, Diemo Schwarz, Nicolas Souchal, Sophie Agnel, Axel Dörner, Claude Parle, Fabrice Charles, Olivier Lasson, Pascal Battus, Bertrand Denzler et beaucoup d’autres, qui, comme lui, sont dans une démarche de recherche sonore et une manière détournée de faire sonner son instrument. Il collabore également avec quelques danseurs de Buto japonais comme Maki Watanabe, Gyouhei Zaitsu ou contemporains comme Bérengère Altieri-Leca, Chloé Bernier ; pour le théâtre, il crée la musique de la jeune fille folle de son âme de, mis en scène par Gabrielle Fabre.
En 2019 et 2020 il participe à des stages de radiophonie avec l’organisme Phonurgia Nova et notamment sur le documentaire sonore avec Benoît Borie, sur la radio performée avec Alessandro Bossetti, sur la fiction sonore avec Alexandre Plank et sur le field recording avec Gilles Aubry. Depuis 2012, il est membre le l’ONCEIM (Orchestre des Nouvelles Créations, Expérimentations et Improvisations Musicales), dirigé par Frédéric Blondy.
Compositrice électroacousticienne, Aude Rabillon explore dans ses pièces les porosités entre écritures musicales et radiophoniques, dans lesquelles voix, éclats, bourdon, field recording, séquence documentaire et son électronique trouvent place, se jouant du hors-champ, à l’écoute du grain du monde et de ses surgissements.
Elle joue aux Instants Chavirés, au Lieu Unique (Festival Variations), au Pannonica, au CNCM Athénor, au festival Musiques Démesurées. Ses pièces sont aussi interprétées sur acousmonium à la Cité de la Musique de Marseille, au Festival Futura, au Festival FF.XP à la Muse en Circuit. Elle reçoit une commande du GRM pour le festival Akousma à la Maison de la Radio en 2026, et par Ici l’Onde pour le festival Ekhoes en 2027.
En plus des formes solo, elle entretient des compagnonnages avec la chorégraphe Pauline Tremblay, la compositrice Soizic Lebrat, la chercheuse Juliette Volcler, l’autrice Fanny Chiarello, l’autrice et compositrice Erell Latimier.
Après avoir traversé et raclé les lames de fond des violences patriarcales et sexuelles dans son cycle Pour ne plus taire (2019-2024), elle explore dans Ma Nuit un nouveau cycle autour des paysages sonores de l’intime. Elle s’intéresse à comment une écriture de l’intime et du « je » peut advenir par et à partir de field recording, de sons du dehors, de voix captées, et ainsi créer des paysages intérieurs mus par leur propre narration.
Samedi 30 mai 2026
De 17h00 à 21h00
Gratuit
Entrée libre
Dans la limite des places disponibles
9D boulevard Jourdan
75014 Paris
RER B/T3a : Cité universitaire