Racines | Exposition des résident.es de la Fondation suisse
17 avr. 2026 - 24 mai 2026
29 avr. 2026 - 15 mai 2026
Dans le cadre de la 5th Floor Scholar Series, l’artiste Katya Vaz, boursière Fulbright–HHW, présente une exposition explorant les rivières comme lieux de frontières et d’identités, à travers un dialogue entre la Seine et le Mississippi.
La goutte qui déborde du vase tire son nom de l’expression idiomatique française La goutte d’eau qui fait déborder le vase. Cette série de travaux explore le rôle d’un fleuve dans un cadre urbain, en particulier la Seine parisienne, en mettant en lumière notre relation avec l’environnement bâti. Elle interroge nos propres notions de confort et de qualité de vie au sein d’une ville, tout en abordant les conséquences inattendues des infrastructures mêmes qui rendent la vie urbaine possible. En contrôlant les fonctions naturelles de la Seine, une grande partie de Paris reste vulnérable aux inondations.
Sortie de résidence
Ce travail de l’artiste Katya Vaz s’inspire de textes et de dialogues essentiels. L’Histoire d’un ruisseau du géographe Élisée Reclus est une source principale d’inspiration pour ce travail, tandis que L’eau et les Rêves de Gaston Bachelard nourrit la dimension introspective, en particulier la façon dont les rencontres éphémères et changeantes avec les masses d’eau révèlent des aperçus sur nous-mêmes et nos relations à l’environnement, surtout face à l’industrialisation.
Ces influences littéraires sont complétées par des rencontres avec des organisations de défense des droits de l’eau en France, ainsi que par des échanges avec l’éco-anthropologue Léo Mariani du Muséum d’Histoire Naturelle, qui ont été essentiels dans la construction théorique des œuvres.
A propos des œuvres
Les matériaux principaux utilisés dans les œuvres sont ceux qui sont emblématiques des matériaux de construction – tôle, verre et béton – ponctués de dessins au charbon, chacun choisi pour ses qualités transformatrices. Les feuilles de métal sont rouillées, représentant des graphiques de données sur le niveau de la Seine au cours des neuf derniers mois ; le verre est gravé, permettant à l’érosion elle-même de révéler l’imagerie ; le béton capture les traces du temps qui passe ; et le charbon incarne une transformation de la matière brute naturelle en outil de dessin.
La lumière et le son prolongent le dialogue de l’œuvre avec la perception et l’environnement. La lumière est introduite comme un dispositif dramaturgique pour évoquer les subtiles variations qui restent silencieusement observées. Des lumières réactives au son éclairent la tôle rouillée au rythme de la pièce sonore commandée par Augustin Braud et Fabien Enger, imitant l’éclat du soleil sur la surface d’un fleuve, tandis que les ombres projetées par la gravure du verre se joignent à celles du spectateur.
À mesure que ces reflets et ces ombres changeants se déploient, l’œuvre invite les visiteurs à réfléchir à l’équilibre fragile entre contrôle et transformation qui définit notre relation au fleuve. Combien de temps encore pouvons-nous maintenir la rigidité d’une infrastructure autodestructrice avant d’accepter l’inévitabilité de la variation ?
Programme
En établissant l’atmosphère de la soirée, la pianiste Ariela Bohrod nous plongera doucement dans le lyrisme de Debussy et Ravel. Le trompettiste Fabien Enger et le compositeur-musicien Augustin Braud lui succèderont dans un set improvisé, mêlant la trompette jazz acoustique, échantillons sonores de matériaux utilisés dans l’exposition et synthétiseurs modulaires.
Cette collaboration est l’aboutissement d’une résidence à La Muse en Circuit, où ils ont enregistré une pièce sonore créée uniquement pour La goutte qui déborde du vase. L’enregistrement réalisé lors de la résidence est présenté uniquement au sein de l’exposition, tandis que leur performance demeure spontanée et irréplicable. La progression des musiciens, oscillante de la structure à l’improvisation, active les thèmes centraux des œuvres présentées – la tension entre environnements naturels et bâtis, ainsi que notre propre rapport aux zones urbaines, tout en puisant inspiration et direction dans les corps d’eau.
Le concert d'ouverture le mercredi 29 avril à 19 heures lors du vernissage de l'exposition
Dans le cadre du festival 5th Floor Scholar Series #2
Vernissage le jeudi 29 avril 2026 à 19h
Exposition du lundi au vendredi jusqu’au 5 juin.
11h – 17h
Gratuit
Vernissage sur réservation ici
Exposition en entrée libre
15 boulevard Jourdan
75014 Paris
RER B/T3a : Cité universitaire